Le cancer du colon est le cancer viscéral le plus fréquent en Amérique. Il est répandu chez les personnes des deux sexes, contrairement au cancer du sein et de la prostate. D’autres cancers sont en régression : cancer du poumon (diminution du tabagisme) et cancer de l’estomac (réduction de la consommation de viandes et de poissons fumés).

Il est souvent peu symptomatique et se développe sournoisement sur une période de 5 à 10 ans.

S’il est pris dans les premiers stades de développements, la guérison est quasi-assurée, d’où l’importance du dépistage. En effet, le cancer se développe en étapes.

Au départ apparait un polype (le mot polype veut simplement dire une « excroissance sur une muqueuse). Il existe donc plusieurs types de polypes.

Certains sont tout-à-fait sans danger, comme les polypes fibreux, les polypes hyperplasiques et les polypes lymphoïdes. Par contre, les polypes adénomateux et les polypes villeux (aussi appelés tumeurs villeuses) sont précancéreux. Le taux de cancérisation du polype adénomateux dépend de sa taille. La tumeur villeuse, elle, est plus prompte à devenir cancéreuse.

On estime la durée de transformation du stade polype au stade cancer à environ 5 ans.

Même si la visualisation du polype permet souvent de savoir sa nature, il n’existe qu’une seule façon d’avoir une certitude : l’enlever et le faire analyser par un pathologiste. Si le polype excisé ne comporte pas de partie cancéreuse, il est alors qualifié de « bénin » et la guérison est assurée.

Comme la prévalence des polypes chez les personnes de 50 ans et plus est d’environ 20 à 30%, on voit que le dépistage précoce permettrait de sauver de nombreuses vies.

Symptômes :

Les polypes et le cancer du colon ne donne que peu ou pas de symptômes au stade initial; ce n’est que lorsqu’il a progressé que le polype ou le cancer peut donner de multiples symptômes : anémie, changement des habitudes de selles (du à une obstruction partielle), présence de sang dans les selles

Facteurs de risque :

La présence d’un parent avec un cancer colorectal en bas de 60 ans, ou de deux parents avec un cancer colorectal de n’importe quel âge, constitue un facteur de risque moyen. Il en va de même pour la personne ayant déjà eu un précédent cancer colorectal, ou encore porteuse de plusieurs polypes ou d’un seul polype de plus d’un centimètre de grosseur.

Certaines conditions constituent un facteur de risque élevé : la polypose familiale et la maladie inflammatoire du colon.

Dépistage :


Recherche de sang dans les selles

  • Ce test est d’un intérêt mitigé. Il a l’avantage d’être peu coûteux et donc de pouvoir se faire dans de larges segments de la population. Son désavantage est double.
  • Les faux positifs sont nombreux : préparation inadéquate, médicament (coumadin), lésion anale (fissure ou hémorroïdes) et conduisent à une investigation inutile.
  • Les faux négatifs (test négatif même en présence d’un polype ou d’un cancer) peuvent donner un faux sentiment de sécurité.

DNA fécal

  • Meilleure sensibilité que la recherche de sang dans les selles
  • Peu répandu

Coloscopie courte

  • Plus facile que la coloscopie longue, elle permet de voir le colon gauche, le colon sigmoide et le rectum, là où se situe la majorité des cancers. Toutefois elle a l’inconvénient de ne voir que le tiers du colon : le colon transverse et le colon droit ne sont pas vus.
  • Elle est moins douloureuse et moins risquée que la coloscopie longue.

Coloscopie longue

  • C’est le test idéal, puisqu’il permet (en théorie) de voir tout le colon et d’exciser les lésions observées (ou de prélever des biopsies).
  • Il nécessite une préparation minutieuse du colon.
  • Par contre l’examen est plus douloureux (on donne généralement une sédation) et plus risqué (risque de perforation du colon et risque d'hémorragie).
  • Elle a l’énorme inconvénient d’être peu accessible, dû au manque de ressources. Ainsi la liste d’attente peut varier de 6 à 24 mois. Cette situation a donné lieu à l’éclosion d’une industrie de « coloscopie au privé », au coût de plusieurs centaines de dollars pour un seul examen.
  • Elle est souvent incomplète (on ne voit pas tout le colon) et contrairement à la croyance populaire, elle peut manquer une lésion cachée derrière un pli de la muqueuse.

Lavement baryté double contraste

  • Ce test demeure le premier choix pour un grand nombre de patients, notamment ceux dont le risque est peu élevé.
  • Comme pour la coloscopie, il nécessite une préparation minutieuse du colon.
  • Il est facilement accessible (liste d’attente courte), bien toléré et présente peu ou pas de risque.
  • Il permet de voir les tumeurs, les polypes, les diverticules, les maladies de la paroi du colon (par exemple la maladie de Crohn) ou de la muqueuse (comme la colite ulcéreuse). Toutefois, surtour si la préparation est inadéquate, de petites lésions peuvent être manquées.
  • Il peut s’avérer le seul choix possible en présence d’une occlusion partielle ou complète du colon.
  • Il permet de voir l’anatomie du colon.
  • Son principal inconvénient : si un polype est découvert, il faudra avoir recours à la coloscopie pour l’exciser. Toutefois la coloscopie devient beaucoup plus simple, puisque le coloscopiste possède une « carte géographique » du colon et connait l’emplacement exact du polype (de même que sa configuration).
  • Enfin, la majorité des polypes étant dans le colon sigmoïde (donc près du rectum), seule une coloscopie courte (facile et avec peu de risques) sera nécessaire.

Aussi: Lavement baryté double contraste et coloscopie gauche combinés

  • Souvent le colon sigmoïde est mal visualisé à cause des diverticules, des spasmes ou de la superposition d'anses intestinales. Dans ce cas il sera facile de compléter le lavement baryté par une coloscopie courte.


Coloscopie virtuelle

  • Il s’agit ici d’un CT-Scan couplé à une coloration du colon; l’image obtenue est alors analysée en trois dimensions
  • Sur le plan dépistage, ce test comporte les mêmes avantages et inconvénients que le lavement baryté double contraste
  • Toutefois il dure moins longtemps (à peine quelques minutes) et est beaucoup mieux toléré
  • Par ailleurs, il comporte d’autres avantages significatifs : non seulement la paroi du colon est évaluée, mais aussi les organes intra-abdominaux (foie, rate, pancréas, reins, utérus), les structures vasculaires (aorte, artères rénales) de même que les ganglions. Une masse intra-péritonéale ou d’autres anomalies seraient aussi détectées.
  • Inconvénient majeur : son coût élevé (800$), non couvert en extrahospitalier (certaines assurances remboursent 80% du coût).

 

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