Les causes d'incontinence fécale sont multiples.
On les regroupe en deux catégories: sensitives et motrices.
L'incontinence sensitive est d'origine neurologique.
L'incontinence motrice est de loin la plus fréquente.
Elle est reliée à une perte de la fonction musculaire.
Un traumatisme obstétrical (à l'accouchement) ou chirurgical est souvent à l'origine d'un affaiblissement des sphincters.
Par la suite, le passage des ans amène une diminution du tonus et de la force de contraction, ce qui entraine progressivement une perte de la continence.

Cette diminution se manifeste au début par une difficulté à retenir les gaz (incontinence aux gaz) et parfois par des taches sur les sous-vêtements (soiling).
À une étape plus avancée, l'incontinence aux liquides se manifeste. Au début, c'est uniquement le temps de continence qui est affecté: en présence d'une selle liquide, la personne ne peut se retenir que quelques instants.
L'incontinence aux selles solides témoigne d'une détérioration beaucoup plus importante de la fonction sphinctérienne.

La plupart des patients se présentent avec une incontinence légère : le temps de continence aux gaz et aux liquides est limité.

Le traitement médical améliore significativement la situation et le recours à la chirurgie n’est pas nécessaire dans la grande majorité des cas.

 

Traitement médical

  • Soins d’hygiène (lingettes, crème protectrice pour la peau)
  • Changer la nature des selles
    • éviter les aliments qui causent de la flatulence et de la diarrhée
    • éliminer les autres causes de flatulente (ex : ne pas mâcher de la gomme)
    • ajout de support alimentaire (métamucil) pour rendre les selles formées
  • Faire des exercices de continence anale
    • matin et soir jusqu’à disparition des symptômes (en général 6 mois)
    • une fois par jour ensuite (de façon permanente).
       

Exercices de continence anale

Durée : 10 minutes matin et soir

Technique :

  • contracter le sphincter anal de façon soutenue pendant 30 secondes
  • relâcher pendant 30 secondes
  • répéter 10 fois

 

Rééducation périnéale

Lorsque les exercices de base sont insuffisants, ou en présence d'une incontinence urinaire, il faut envisager la rééducation périnéale.

Plusieurs techniques sont utilisées, en particulier le biofeedback qui permet de faciliter le contrôle sphinctérien à l’aide d’une rétroaction visuelle.

La rééducation périnéale peut aussi être utilisée dans les cas de « proctalgia fugax », une crampe douloureuse du gros muscle « levator ani » (releveur de l’anus).

 

Traitement chirurgical

Le traitement chirurgical est réservé aux cas d’incontinence motrice, habituellement suite à un traumatisme obstétrical ou chirurgical.

On doit au préalable avoir fait l’essai du traitement médical, surtout si l’incontinence est légère ou modérée.

On procède aussi à une manométrie anorectale (mesure de la pression de repos et de la force de contraction) et à une échographie des sphincters pour bien en délimiter l’anatomie.

Si les conditions sont favorables, on peut alors procéder à la chirurgie.

Bien que de multiples techniques aient été développées au cours des décennies, la méthode la plus sûre demeure la reconstruction des sphincters anaux.

Cette méthode est la plus simple et la plus efficace, particulièrement si l’anneau sphinctérien a été coupé en un endroit et que le cercle anal présente une brèche.

On peut alors refaire l’anatomie en disséquant les sphincters et en les suturant comme une veste en double-breast.



 anoplastie

 

 

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