La relation anale

 

Le coït anal est décrit dans la littérature depuis la plus haute Antiquité. Objet de nombreuses législations et de considérations morales, il n’en demeure pas moins une réalité historique et actuelle du comportement humain, aussi bien chez les personnes de même sexe que de sexe différent.

Le présent article découle de l’observation clinique du proctologue et son but est informatif et pédagogique.

 

Anatomie

On peut observer une baisse du tonus de base et la présence d’un anus patuleux (fermé incomplètement) chez les personnes qui font un usage courant du coït anal.

Toutefois cette observation est inconstante et elle peut correspondre à d’autres causes, notamment une chirurgie antérieure, un prolapsus rectal ou un traumatisme obstétrical.

 

Motifs

Les motifs de l’usage du coït anal sont multiples. Outre la satisfaction érotique, on cite fréquemment la curiosité, l’effet de la littérature et des films pornographiques, la préservation de la virginité et la prévention de la grossesse.

Le coït anal peut être effectué par le pénis, mais aussi par différents objets comme les jouets sexuels. Dans ce domaine l’imagination humaine est fertile et de nombreux cas cliniques de pénétration par des instruments de toute nature sont répertoriés dans les salles d’urgence des hôpitaux.

 

Fréquence

L’expérience du coït anal survient souvent chez les groupes d’âges plus jeunes. Une femme sur trois et près d’un homme sur deux disent l’avoir expérimenté au moins une fois. Toutefois sont usage courant est moindre : moins de 5% chez la population hétérosexuelle et 35% chez la population homosexuelle, chez qui d’autres moyens de gratification sont préférés.

 

Les bonnes pratiques

La pratique du coït anal nécessite un minimum de précautions :

  • Le nettoyage rectal au moyen d’un lavement est fréquemment utilisé et ne comporte pas de risque, si cette préparation est faite avec prudence
  • L’utilisation d’un lubrifiant commercial est impérative, de façon à minimiser les risques de traumatisme. On peut aussi utiliser un condom lubrifié.
    • Il existe des lubrifiants à base de silicone et d’autres à base aqueuse.
    • Les lubrifiants à base d’huile ou la vaseline sont déconseillés car ils peuvent altérer les condoms et les diaphragmes.
  • L’utilisation du condom est aussi recommandée, en particulier s’il existe un risque d’infection transmise sexuellement.
  • Enfin, la délicatesse est de mise, afin de ne pas endommager les tissus de la région anorectale et la musculature responsable de la continence.

 

Le danger d’infection

La muqueuse anale est fragile et facilement traumatisée par un usage abrasif.

Le risque d’infection transmise sexuellement (ITS) est donc réel, particulièrement en l’absence de bonnes pratiques et de préservatifs.

La transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du SIDA, est bien documentée.

On observe couramment des cas de transmission du Papillomavirus humain (VPH), responsable des condylomes (verrues génitales), du cancer du col de l’utérus et du cancer anal. L’association VPH et VIH augmente considérablement le risque de cancer anal.

D’autres virus (herpès génital, hépatite B), plusieurs infections bactériennes (gonorrhée, chlamydia, syphilis) de même que certaines parasitoses font partie du risque d’ITS.

 

Les traumatismes et l’incontinence

Il existe plusieurs causes qui conduisent à l’incontinence fécale;

  • Traumatisme obstétrical (déchirure, utilisation de forceps)
  • Traumatisme chirurgical (par exemple à la suite d’une intervention pour fistule anale)
  • Maladie de l’anus, comme le Crohn anal sévère
  • Distension des sphincters par un prolapsus rectal complet
  • Dommages neurologiques (traumatisme vertébral)
  • Sénilité

La diarrhée est un facteur aggravant de l’incontinence.

Toutefois, le coït anal n’est pas une cause d’incontinence fécale, sauf dans le cas de pénétration violente et brutale avec déchirure des sphincters.

 

Conclusion

Le coït anal fait partie de la découverte de la sexualité, particulièrement chez l’adolescent et le jeune adulte. Expérience passagère ou occasionnelle pour la majorité, pratique plus fréquente pour certains, il fait partie de la réalité humaine.

Comme dans toutes les activités sexuelles, l’usage de bonnes pratiques est fondamental par respect pour le partenaire et pour soi-même.

 

Feedback