Les marisques sont des excroissances ou des replis cutanés au niveau de la région anale.

Leur taille et leur forme varient beaucoup.

Les plus petits ne mesurent que quelques millimètres, alors que les plus gros peuvent dépasser 2.5 centimètres.

marisques

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Généralement elles sont indolores et ne donnent que des problèmes d’hygiène et d’esthétique. Si elles sont douloureuses, il faut soupçonner la présence d’une pathologie sous-jacente, le plus souvent une fissure anale.

Qu’est-ce qui provoque l’apparition de marisques :

  • Une hémorroïde externe (par exemple suite à une grossesse) qui n’a régressé que partiellement
  • Une ancienne thrombose hémorroïdaire
  • Une fissure anale (dans ce cas, la marisque provient de la déchirure de l’épithélium du canal)

En présence de marisques, il est important de faire un questionnaire et un examen clinique complet :

  • De la région périnéale pour évaluer la présence de problèmes cutanés (dermatite, eczéma, lésions de grattage)
  • De la région anale pour vérifier la présence de verrues génitales (condylomes)
  • Du canal anal pour voir la présence d’une fissure (avec hypertonie des sphincters), d’un ulcère anal (suspect de maladie de Crohn) ou même d’un cancer de l’anus
  • Du rectum pour éliminer d’autres pathologies (hémorroïdes internes, proctite ulcéreuse ou de Crohn, cancer du rectum)

 

Les marisques de petite taille ne donnent généralement pas de symptômes. Toutefois, plus elles sont grosses et plus elles sont nombreuses, plus elles deviennent nuisibles.

Le plus souvent, elles nuisent à l’hygiène (frottage excessif, surtout si on ne lave pas après la selle), avec pour conséquence des problèmes de peau : démangeaison, dermatite avec infection, lésion de grattage.

Pour plusieurs, elles sont une source de gêne à cause de l’aspect inesthétique des lésions. Les personnes rapportent alors un impact sur leur vie sexuelle.

On observe aussi de l’inconfort et même de la douleur. Dans ce cas il faut vérifier la présence d’une lésion sous-jacente, le plus souvent une fissure anale ou des hémorroïdes internes.

Traitement

Le traitement de la marisque repose d’abord sur une saine hygiène locale : se laver après la selle avec de l’eau tiède sans savon (les serviettes compressées sont très pratiques) et au besoin appliquer une crème protectrice pour peau sèche (la crème de chanvre soulage les symptômes cutanés rapidement).

Il faut aussi traiter les infections cutanées (bactéries ou champignons) et s’il y a lieu, les verrues génitales.

Lorsqu’elles sont volumineuses et nuisibles, deux choix de traitement permettent de les réduire et de les éliminer : la cryothérapie et la chirurgie locale.

La cryothérapie en jet (à l’azote liquide) n’est pas efficace car elle ne permet pas une pénétration en profondeur dans les tissus.

On doit utiliser la cryothérapie prolongée avec le protoxyde d’azote  et un instrument spécialement conçu à cet effet (la cryosonde).

La durée moyenne du traitement est de 60 secondes pour chaque lésion. Souvent on ne traite qu’une lésion à la fois. Lors du dégel, la douleur dure environ 30 minutes (c'est pourquoi on recommande de prendre un analgésique [acétaminophène ou Ibuprofène] une heure avant le traitement).

Il est exceptionnel que la douleur dure plusieurs heures, voire plusieurs jours. Dans ce cas on prescrit un anti-inflammatoire (Naproxene).

La cryothérapie est efficace pour les plus petites lésions. Suite au traitement, la marisque se gonfle de plasma (comme une engelure). Un écoulement clair s’ensuit et persiste durant deux ou trois semaines alors que la lésion réduit progressivement. Après ce traitement on s’assure d’une bonne hygiène locale et on applique un onguent antibiotique (Polysporin).

Pour les plus grosses lésions, la cryothérapie est moins efficace. Suite au traitement la réduction de taille est souvent partielle et on peut voir une transformation fibreuse (comme une cicatrice).

Si la réduction n’est pas suffisante, on a recours à la chirurgie. Toutefois la chirurgie est facilitée par la réduction de la grosseur et la présence de tissu cicatriciel suite à la cryothérapie.

La chirurgie locale consiste à infiltrer la peau avec un anesthésique local (xylocaïne) et à exciser les lésions. La durée de l’intervention dépasse rarement quinze minutes. En général les plaies sont laissée ouvertes et elles guérissent en trois semaines.

 

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