Une cause fréquente de démangeaisons chez la femme est la présence de pertes vaginales.

Ces pertes, très irritantes, s’écoulent durant la nuit en direction du périnée et de l’anus. On obtient alors une irritation autour de l’anus et l’installation d’un prurit, souvent pire la nuit. De plus, le grattage inconscient durant la nuit provoque des excoriations qui facilitent alors l’implantation d’agents infectieux, notamment des champignons.

Pour effectuer le traitement, il faut alors :

  • Diminuer ou éliminer les sécrétions vaginales
  • Soigner la peau en cas d’infection (dans ce cas une crème antifongique et antibactérienne sera prescrite)
  • Prendre l’habitude de se laver après la défécation et ensuite appliquer une crème d’entretien de la peau (le plus souvent la crème de chanvre pour peau sèche fera disparaitre les démangeaisons)
  • Éliminer pour deux ou trois semaines les irritants (excès de caféine, vin rouge, sauce tomate et épices fortes)


Les pertes vaginales peuvent à l’occasion résulter d’une infection vaginale. Dans ce cas le médecin traitant ou le gynécologue prescrira un traitement approprié.

Toutefois dans la majorité des cas il s’agit de pertes physiologiques, dont l’importance varie selon la période du cycle menstruel, et aussi selon l’activité sexuelle. Un traitement antibiotique devient alors inutile et même nuisible car il peut altérer la flore bactérienne normale du vagin.

 

 

Que faire alors?

 

poire vaginale

Tout simplement irriguer le vagin avec une poire vaginale, de l’eau tiède (l’eau du robinet, si bien sûr elle est potable…). L’irrigation se fait le soir, avant le coucher. La pression d’irrigation doit être basse. Il s’agit tout simplement d’un rinçage mécanique afin de réduire la quantité de sécrétions.

Au début on le fait tous les soirs puis on peut rapidement diminuer la fréquence selon la régression des pertes. Une fois le problème sous contrôle, une irrigation par semaine (ou moins) est presque toujours suffisante en cas de vie génitale active. On peut cesser complètement les irrigations si les sécrétions sont minimes ou disparues, ou ne les utiliser que de façon très occasionnelle.

Il va de soi que la poire devra être entretenue avec soin, au niveau de la propreté.

On peut se procurer une poire vaginale dans la plupart des pharmacies. Le coût est inférieur à dix dollars.



CRITIQUES

L’utilisation de l’irrigation vaginale a été l’objet de critiques dans la littérature. Pourtant son utilisation est très répandue : aux États-Unis, une Américaine sur quatre utilise l’irrigation vaginale régulièrement dans le groupe des 15-44 ans. Les motifs invoqués sont multiples, notamment pour le contrôle des odeurs et après une relation sexuelle.

Une des critiques énoncées concerne le changement de la flore vaginale. Effectivement, à l'époque, les médecins ont recommandé d’ajouter divers produits dans l’eau d’irrigation : du vinaigre, des antiseptiques, voire même une solution d’iode! Ces pratiques sont à proscrire, à cause précisément de leur effet sur la flore vaginale.

Par contre, l’utilisation de la même eau qui sert au rinçage buccal ou au brossage des dents risque beaucoup moins d’altérer la flore. L’eau n’a pas non plus à être stérile, pas plus que le rapport sexuel n’exige la stérilité (heureusement).

Des études ont soulevé la crainte d’un reflux de l’irrigation à travers le col et jusque dans l’utérus et les trompes, avec un risque d’infection. Les instruments inadéquats et les méthodes d’irrigation de l’époque ont peut-être été à la source de telles observations.

 

Cette éventualité est toutefois peu probable, si l’irrigation est faite avec douceur et avec les poires modernes. Une étude datant de 2003 n’a pas démontré de risque infectieux relié à l’utilisation de l’irrigation vaginale.

Toutefois un léger effet contraceptif a été observé. L’irrigation vaginale comme méthode contraceptive est peu efficace et ne devrait pas remplacer le condom ou une autre méthode efficace. Voir l'article complet.

Enfin son utilisation durant la grossesse est déconseillée. Toutefois le risque évoqué (bébé de petit poids) semble absent si la fréquence d’irrigation est d’une fois par semaine ou moins.


 
EN RÉSUMÉ

Si des pertes vaginales sont à la source d’irritation anale et périnéale et de démangeaisons, l’irrigation vaginale pour une courte période de temps contribue efficacement à faire disparaitre les symptômes.
 

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