Les verrues génitales sont appelées condylomes. On les retrouve dans la région anale mais aussi au niveau du pénis, du vagin et plus rarement à d’autres sites.

La cause est d’origine virale : le HPV (human papilloma virus). Il existe une centaine de types de HPV. Certains sont associés aux condylomes, d’autres sont pré-cancéreux.

Le virus peut demeurer à l’état latent dans les cellules pendant des semaines, des mois, voire même des années. Lorsqu’il se réveille, il provoque l’apparition de petites verrues qui ont l’aspect dentelé (semblable à une crête de coq). Les lésions peuvent être solitaires, en grappes ou même en nappes.

Au niveau anal, on les retrouve au pourtour de l’anus et aussi dans le canal anal. En présence de lésions péri anales, on peut retrouver des condylomes à l’intérieur du canal anal dans 70-85% des cas.

Comme elles donnent peu de symptômes, elles peuvent parfois se développer durant de longues périodes et devenir très extensives.

Elles sont présentes chez environ 1-2 % de la population générale, mais leur incidence varie de 3 à 25 % chez les patients séropositifs.

Le HPV est généralement transmis par contact intime. Il est donc important de faire évaluer le ou la partenaire du patient  au moment d’amorcer le traitement. De plus, les précautions usuelles doivent être appliquées lorsqu’un des deux partenaires est porteur de verrues génitales.

Traitement

Le traitement dépend de plusieurs facteurs, notamment la localisation, le nombre et l’étendue des lésions.

La cryothérapie à l’azote liquide se fait à l’aide d’un instrument (la cryosonde) appliqué au contact de la lésion. On peut ainsi réduire la température de la verrue à moins 80 degrés Celsius, ce qui cause une destruction cellulaire. L’avantage du cryosonde est que la durée de l’application est contrôlée par le médecin; on peut donc adapter le traitement à la taille de la lésion et à sa profondeur. Ce traitement est en général très efficace pour les lésions plus grosses, autour de l’anus et dans le canal anal.


Il est conseillé de prendre 1 à 2 comprimés de Tylenol ou d'Advil, une heure avant le traitement.

L’application de surface à l’aide de tige cotonnée est moins efficace, puisque l’azote liquide à l’air libre s’évapore rapidement et n’agit donc que superficiellement.

La destruction chimique à l’aide de l’acide TCA (tri-chloro-acétique) ou BCA (bi-chloro-acétique) constitue une alternative de choix si les lésions sont nombreuses ou en nappe. Ce traitement est lui aussi en général très efficace, surtout en présence de lésions petites, nombreuses ou en nappe. Il est aussi facile d’application dans le canal anal, à la condition de disposer de l’instrumentation appropriée.

Le traitement par cryothérapie de fait habituellement à raison d’une fois par semaine ou par deux semaines. Selon le nombre et l’entendue des lésions et aussi selon l’état immunitaire du patient, le traitement peut durer jusqu’à deux ou trois mois.

Dans les cas résistants au traitement, on peut utiliser une préparation d’Imiquimod 5% (Aldara) ou 3.75% (Vyloma, Zyclara).  La préparation à 5% s’utilise trois fois par semaine, au coucher, pour un maximum de 16 semaines. Celles à 3.75% doivent être appliquées tous les soirs, pour un maximum de huit semaines.

Le traitement avec l’Imiquimod est très coûteux. La Régie exige donc une attestation médicale confirmant l’échec des traitements conventionnels (Cryothérapie, Acide TCA).

La podophylline, autrefois largement utilisée, a été abandonnée au niveau anal à cause de son potentiel cancérigène.

L’Imiquimod et la podophylline sont contre-indiqués durant la grossesse.


 

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